L’érotique de Kijû Yoshida – qu’est-ce qu’une rencontre ?

Mathieu Capel, « L’érotique de Kijû Yoshida – qu’est-ce qu’une rencontre ? », Trafic nº67, automne 2008, P.O.L., p. 27-46.

Chez Kijû Yoshida la théorie du cinéma emprunte souvent la voie de l’autobiographie. Les jours d’enfance qui l’ont mené à la découverte du cinéma, mais surtout de son importance, sont au cœur d’une théorie personnelle de la perception, comme le fonds conceptuel vers lequel il retourne au moment d’exposer sa vision cinématographique. Reviennent ainsi de manière récurrente les mêmes récits d’émois enfantins, dessinant la figure d’une image primordiale, image qui possède deux caractéristiques : hypnotique, elle suscite une jubilation béate devant le spectacle d’un mouvement mécanique à la surface de l’écran. Elle exige ainsi le retrait de toute dramaturgie, non seulement envisagée comme superflue, mais surtout comme une menace à ses impressions princeps. Pourquoi néanmoins s’attacher à celles-ci, et ne pas même vouloir corriger les images approximatives de la mémoire, risquant le gain qu’il eût peut-être obtenu d’une vision nouvelle ? Peut-être par fidélité à l’expérience fondatrice d’une sorte de schizophrénie aux origines de son regard de cinéaste.

  Permalink

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>