Macro-histoire de la famille de Meiji

Dan FUJIWARA, « Une macro-histoire de la famille de Meiji – quelques données chiffrées », in La Famille japonaise moderne (1868-1926). Discours et débats, Philippe Picquier, 2011, p.121-131.

Le Japon de l’ère Meiji (1868-1912) fut particulièrement attentif à la situation des « ménages » (setai ), et il s’est attaché très vite à une présentation quantitative de ceux-ci, « passionné » qu’il était « de statistiques démographiques ».

S’il n’a pas encore les moyens d’organiser le recensement de la population , le gouvernement du début de l’ère Meiji adopte cependant une loi relative à l’état civil (Koseki-hô) dès 1871 ; il crée également une section des statistiques (Seihyô-ka) au sein du ministère des Affaires suprêmes (Dajôkan) et en nomme responsable Sugi Kôji (1828-1917 ). En 1872, le tout nouveau gouvernement ordonne à Sugi d’établir des statistiques démographiques à partir des informations mentionnées dans « l’Etat civil de l’année de l’Aîné de l’eau et du Singe » (Jinshin koseki), institué cette même année à la place des « registres de population » (ninbetsu aratame chô) et des « registres de déclaration de foi » (shûmon aratame chô), utilisés durant l’époque d’Edo (1603-1867).

Le gouvernement continuera à établir diverses statistiques démographiques et réorganisera plusieurs fois la section de la statistique jusqu’en 1897, où l’on voit la naissance d’un Bureau de la statistique générale (Naikaku tôkei kyoku), dépendant du Cabinet Impérial. A partir de l’année suivante, celui-ci publie deux recueils de statistiques qui permettent de connaître l’évolution du nombre et de la situation des ménages : d’une part, les Statistiques relatives à l’état de population de l’Empire du Japon (Nihon teikoku jinkô seitai tôkei) – qui seront remplacées en 1920 par le recensement national (kokusei chôsa) – et, d’autre part, les Statistiques relatives aux mouvements de population de l’Empire du Japon (Nihon teikoku jinkô dôtai tôkei), qui existent encore aujourd’hui sous le nom de Recensement des mouvements de population (Jinkô dôtai chôsa).

Ces statistiques démographiques ne sont pas seulement une preuve concrète de l’attention que le Japon de l’ère Meiji a portée à sa population, mais elles permettent également de donner un aperçu global chiffré de la « nation en marche » et, pour cette raison, elles seront au centre du présent article.

Texte complet à lire

Pour en savoir plus : La Famille japonaise moderne (1868-1926). Discours et débats, Philippe Picquier, 2011

 

 

 

 

 

 

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