Mizoguchi après la guerre

Mathieu Capel,  » Mizoguchi après la guerre – notes sur Les Femmes de la nuit ».

Une récente édition DVD (Carlotta Films) a permis de compter une nouvelle fois les dettes de Kenji Mizoguchi envers le néoréalisme italien. Sorti en mai 1948, Les Femmes de la nuit marque une inflexion par rapport aux films précédents : Mizoguchi prend pied dans le Japon contemporain pour mieux y adapter les postulats de Rossellini et De Sica. Mais jusqu’où maintenir la comparaison ? En 1993, Jean Douchet autorisait entre Mizoguchi et Rossellini des résonances essentiellement thématiques (Trafic n°3). En d’autres termes, la plongée dans l’Osaka des ruines de l’après-guerre, ses conditions de vie misérables, le portrait sans détour de la prostitution. 14 ans plus tard, son commentaire s’est déporté vers une approche plastique : « réalisme quasi-documentaire », « refus […] de se réfugier dans une beauté esthétisante », « naturalisme exacerbé », « dureté photographique du néoréalisme » mêlée à « un traitement visuel imprégné des procédés expressionnistes ». Objet de multiples controverses, la définition même du néoréalisme a subi avec et depuis Bazin d’incessants remaniements : en reconnaître les apports chez Mizoguchi dépendra fatalement de ces mouvements théoriques.

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