Shôhei Imamura, chasseur de chimères

Mathieu Capel, « Shôhei Imamura, chasseur de chimères ».

Pour Shôhei Imamura la fin des années 60 est une période d’expérimentations et de doutes. Après sept films[1] tournés au sein de la Nikkatsu, l’une des cinq grandes compagnies de production japonaises, il fonde sa propre structure (Imamura Productions), et réalise en 1966 Les Pornographes, avant de s’orienter vers une démarche a priori différente : Evaporation d’un homme lui permet un an plus tard de donner libre cours à son ambition documentaire.

Tous ses films depuis Nianchan (1959) sont déjà le fruit de longues enquêtes de terrain. Ils revendiquent la nécessité de tourner en décors réels et d’employer autant que possible des acteurs non professionnels. Mais les dépassements budgétaires afférents valent à Imamura une forme de mise à pied après Cochons et cuirassés, sorti au début de 1961. L’indépendance vis-à-vis des studios le conduit donc très logiquement à se déprendre de leurs méthodes.

Pourtant Evaporation d’un hommes’achève sur un constat d’impuissance. Imamura découvre que le cinéma ne saurait répondre à l’exigence toute naïve de livrer du réel une image inaltérée.

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[1] Désir volé (1958), Devant la gare de Nishi-Ginza (1958), Désir inassouvi (1958), Nianchan (1959), Cochons et cuirassés (1961), La Femme insecte/Chronique entomologique du Japon (1963), Désir meurtrier (1964). La Nikkatsu distribuera encore Les Pornographes/Introduction à l’anthropologie (1966) et Profonds désir des dieux (1968).

 

 

 

 

 

 

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