Cocco d’Okinawa : Un autre regard sur la domination coloniale du Japon

YATABE Kazuhiko, « Cocco d’Okinawa : Un autre regard sur la domination coloniale du Japon »

Ovni musical en décalage total avec l’avant-gardisme convenu de la capitale, égérie du rock malgré elle, une jeune chanteuse originaire d’Okinawa, nommée Cocco, a traversé, telle une comète, la scène japonaise de 1997 à 2001. Par la fulgurance des paroles et l’intensité extatique des émotions, les quatre disques qu’elle grave marquent profondément la J-pop, la musique pop nippone. Auteur-compositeur, elle est une voix d’une sincérité poignante qui sait exprimer, sans jamais s’y complaire, la difficulté d’être de toute une génération, celle que les médias nippons désignent sous le terme lost generation, qui ne connaît du Japon que sa face d’ombre, de l’attentat au gaz sarin (1995) à l’envoi en Irak des Forces d’autodéfense (2003). Peu à peu, sa souffrance personnelle va trouver les mots pour dire la souffrance de son île d’origine.  Cocco parvient, dans un même mouvement, à réintroduire l’histoire et le politique au cœur de la génération perdue, et à neutraliser « l’alliance antique et fatale entre l’intelligence et le ressentiment » qui cimente ceux, à Okinawa, que seule la colère anime.

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